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Faut-il travailler moins pour vivre mieux?

Et si travailler moins nous permettait de vivre mieux? Cette vidéo décrypte les effets d’une réduction du temps de travail sur la santé, nos modes de vie et notre consommation, à partir d’études menées notamment en Suisse. Avec la philosophe Céline Marty, elle interroge aussi notre modèle économique : peut-on réellement sortir du « toujours plus » sans repenser ce que nous produisons ?

Les sources

11 études
01
Organisation faîtière Travail Suisse 2025

Baromètre 2025 "Conditions de travail"

Le « Baromètre Conditions de travail » est un projet de coopération de la Haute école bernoise et de Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses. Ce baromètre 2025 évalue de la qualité globale du travail, ressentie par les travailleuses et travailleurs. Celle-ci a légèrement baissé par rapport à 2024 (de 67,7 points à 67 points), cette baisse étant principalement due à la nouvelle détérioration de la situation sanitaire. 42,4 % des travailleurs et travailleuses se disent souvent ou très souvent stressées, et 41,1 % ressentent un épuisement émotionnel fréquent après leur journée de travail.

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02
Revue scientifique Scandinavian Journal of Work, Environment & Health 2017

The impact of reduced worktime on sleep and perceived stress - a group randomized intervention study using diary data

Cette étude suédoise est un essai randomisé par établissements portant sur 580 salariés de 33 lieux de travail du secteur public. Dans le groupe expérimental, le temps de travail a été réduit de 25 %, avec maintien du salaire, pendant 18 mois. Du personnel supplémentaire a été recruté afin d’éviter que la même charge de travail soit simplement concentrée sur moins d’heures. La réduction du temps de travail s’est accompagnée d’une amélioration de la qualité du sommeil, d’environ 23 minutes de sommeil supplémentaires les jours travaillés, ainsi que d’une diminution de la somnolence, du stress et des préoccupations au moment du coucher. Les effets sont restés présents après 18 mois, mais leur ampleur était relativement faible. Les auteurs concluent qu’une réduction effective du temps et de la charge de travail peut améliorer la récupération et réduire le stress perçu.

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03
Revue scientifique Nature Human Behaviour 2025

Fan et al. (2025) Work time reduction via a 4-day workweek finds improvements in workers’ well-being

Cette étude publiée dans Nature Human Behaviour examine une expérimentation de la semaine de quatre jours sans diminution de salaire. Elle porte sur 2 896 salariés de 141 organisations situées dans six pays, suivis pendant six mois, avec un groupe de comparaison composé de 285 salariés de 12 entreprises. En pratique, la durée moyenne du travail est passée d’environ 39 à 34 heures par semaine. Les chercheurs observent une diminution significative de l’épuisement professionnel et une amélioration de la satisfaction au travail ainsi que de la santé mentale et physique déclarée. Ces bénéfices semblent notamment passer par une diminution de la fatigue et des problèmes de sommeil. Les résultats sont solides par leur ampleur, mais les entreprises étaient volontaires et non randomisées, et les indicateurs de santé étaient autodéclarés. L’étude conclut donc à un effet probablement favorable sur le bien-être, sans pouvoir démontrer que cet effet serait identique dans toutes les organisations.

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04
Journal of Occupational & Environmental Medicine 2011

von Thiele Schwarz & Hasson (2011) Employee self-rated productivity and objective organizational production levels: effects of worksite health interventions involving reduced work hours and physical exercise

Cette étude porte sur 177 salariés de six établissements suédois de soins dentaires, répartis en trois groupes : réduction hebdomadaire du temps de travail de 2,5 heures, activité physique obligatoire pendant ces heures libérées, ou absence de changement. Les chercheurs ont mesuré à la fois la productivité ressentie par les salariés et une mesure objective de production, à savoir le nombre de patients traités. Le nombre de patients traités a augmenté dans les trois groupes, avec la plus forte progression dans le groupe bénéficiant uniquement d’une réduction du temps de travail. Le groupe pratiquant une activité physique a également rapporté une meilleure capacité de travail et moins d’absences pour maladie. Les auteurs concluent qu’une réduction modérée du temps de travail peut être introduite sans baisse de production, voire avec une amélioration de la productivité horaire. Cette étude renseigne cependant davantage sur la productivité et l’absentéisme que sur la santé mentale ou le bien-être général.

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05
Organisation mondiale de la Santé 2021

Les longues heures de travail augmentent la mortalité liée aux maladies cardiaques et aux accidents vasculaires cérébraux

Dans une première analyse mondiale des pertes de vies humaines et des atteintes à la santé associées aux longues heures de travail, l’OMS et l’OIT estiment qu’en 2016, 398 000 personnes sont mortes d’un AVC et 347 000 d’une maladie cardiaque pour avoir travaillé au moins 55 heures par semaine. Entre 2000 et 2016, le nombre de décès dus à des cardiopathies liées aux longues heures de travail a augmenté de 42 %, un chiffre qui s’établit à 19 % pour les AVC. L’étude conclut que le fait de travailler 55 heures ou plus par semaine est associé à une hausse estimée de 35 % du risque d’AVC et de 17 % du risque de mourir d’une cardiopathie ischémique par rapport à des horaires de 35 à 40 heures de travail par semaine.

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06
Environment and Planning C: Government and Policy 2015

Nässén & Larsson (2015) Would shorter working time reduce greenhouse gas emissions? An analysis of time use and consumption in Swedish households

Cette étude analyse le lien entre durée du travail, consommation des ménages et impact environnemental en Suède. Les auteurs combinent les données de l’enquête suédoise sur le budget des ménages avec celles de l’enquête sur l’emploi du temps — cette dernière portant sur 636 ménages et 872 personnes. Il ne s’agit pas d’une expérimentation, mais d’une modélisation statistique transversale. Selon leurs estimations, une diminution de 1 % du temps de travail entraînerait une baisse d’environ 0,7 % de la consommation d’énergie et de 0,8 % des émissions de gaz à effet de serre. Cet effet proviendrait principalement d’une baisse du revenu et, par conséquent, de la consommation.

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07
Frontiers in Sustainability - Sustainable Consumption 2022

Sahakian & Rossier (2022)

Cette étude exploratoire menée en Suisse romande cherche à comprendre dans quelles conditions une réduction volontaire du temps de travail peut simultanément favoriser le bien-être et une consommation plus sobre. Les chercheuses ont réalisé, en 2018, des entretiens approfondis avec 14 personnes appartenant à des couples ayant des responsabilités familiales, dans lesquels l’homme avait volontairement réduit son taux d’activité. La plupart occupaient des emplois qualifiés et disposaient d’un capital culturel et social relativement élevé.

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08
Emission France Culture - Questions du soir : le débat 2026

PODCAST Faut-il travailler moins pour sauver la planète ?

Au cours du XXᵉ siècle, l’idée selon laquelle, pour améliorer notre niveau de vie, il fallait produire plus, travailler plus et gagner en productivité, semblait aller de soi. Mais à l'heure du réchauffement climatique et de l'épuisement des ressources, la viabilité de ce modèle pose question.

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09
BLAST 2023

Peut-on s’émanciper de la tyrannie de la “valeur travail"? avec Céline Marty

Alors que les débats autour du travail se sont intensifiés ces dernières semaines dans le cadre de la réforme des retraites, la philosophe Céline Marty revient sur la place du travail dans notre société et l’urgence de la questionner. Selon elle, travailler moins est une condition sine qua non pour aller vers une société plus résiliente et plus juste.

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10
Université de Genève - Mémoire de recherche de Lidya Demirsoy 2022

RÉDUIRE LE TEMPS DE TRAVAIL POUR DIMINUER LES INÉGALITÉS DE GENRE ET L’EMPREINTE ÉCOLOGIQUE : QUELS SONT LES OBSTACLES ?

À partir de 13 entretiens menés auprès de personnes travaillant à temps plein à Genève, ce mémoire explore les obstacles à une réduction du temps de travail. Il met principalement en évidence la crainte d’une perte de revenu, la recherche de sécurité financière, l’importance de la carrière et la forte culture du travail en Suisse. Le mémoire conclut qu’une réduction du temps de travail pourrait favoriser le bien-être et l’égalité de genre à condition de maintenir un salaire décent, de réduire réellement la charge de travail et de généraliser la mesure aux femmes comme aux hommes. Cette recherche qualitative décrit surtout les perceptions des participants : elle ne mesure pas les effets réels d’une semaine de travail réduite.

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11
Le Monde 2024

Chez LDLC, les cadres en forfait jours aussi sont passés à la semaine de quatre jours

En 2021, l'entreprise d'informatique LDLC a fait passer ses salariés de 35 à 32 heures de travail par semaine, réparties sur quatre jours et sans baisse de salaire.

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